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Le nouveau Richemond se dévoile : luxe, art contemporain et glamour

Entamée en 2005, la mue du célèbre établissement genevois aura coûté plus de 70 millions de francs. Interview de son nouveau directeur Davide Bertilaccio.

Une chose est sûre : la rénovation de l’hôtel Richemond, célébrée officiellement ce mercredi, ne laissera pas un Genevois indifférent. L’époque très traditionnelle de ce célèbre établissement est clairement révolue. Extravagance luxueuse, mélange savant de matières contemporaines et traditionnelles, touche inattendue de glamour, le nouveau Richemond surprend, émerveille, choque. Tout a changé.

Il faut dire que l’hôtel aura effectué une mue longue – près de 20 mois – et profonde. Pas un espace, un mur ou même un détail du mobilier n’a été repensé et redessiné par John Stefanidis l’un des plus célèbres décorateurs d’intérieurs au monde. Nouveau propriétaire du Richemond, le groupe Rocco Forte voulait marquer de son empreinte anticonformiste son premier hôtel genevois.

L’opération est réussie. Dès son entrée dans le lobby, le visiteur éclectique dans un univers éclectique, presque baroque, où les mosaïques d’inspiration orientale cohabitent avec la moquette style art deco et le marbre précieux. Le tout savamment orchestré par Olga Polizzi, sœur de Sir Rocco Forte et directrice du design des filiales du groupe. Les 109 chambres et les 26 suites ont été revues de fond en comble et dotées de l’équipement dernier cri.

Côté murs, un septième étage a été ajouté au bâtiment pour abriter une suite royale de 250 m2, bordée d’une terrasse avec une vue spectaculaire sur la rade, son Jet d’eau et la Mont-Blanc. Le rez-de-chaussée a été bouleversé avec une extension construite à l’arrière de l’hôtel et reliée au bâtiment principal par une cour intérieure abritée par un toit en verre. Dans ce nouvel espace, contemporain lui aussi, une salle de conférences gigantesque, qui servira également aux banquets. Un spa offrant des vrais soins thérapeutiques et prochainement ouvert au public a quant lui été aménagé au sous-sol, dans un univers de mosaïques et de bambou précieux sur plus de 320 m2. Une première dans les hôtels de luxe installés au centre-ville.

En clair, le Richemond s’est débarrassé de son image vieillotte mais conservera son atmosphère traditionnelle et prestigieuse. Ce savoir-faire attentionné typique de l’hôtellerie genevoise, Davide Bertilaccio, le nouveau directeur du palace, promet de le valoriser. Interview.

Ces dernières années, l’ensemble des hôtels 5 étoiles de Genève ont effectué des rénovations. Le marché a-t-il tant évolué ?

L’hôtellerie suisse de prestige, en particulier genevoise, a toujours été un modèle pour ce marché de niche. Mais elle vivait sur ses acquis et avait tendance à rester trop classique. Ailleurs dans le monde, l’industrie bouge, les hôtels se modernisent pour répondre à une demande toujours plus exigeante.

La transformation du Richemond est tout de même étonnante et tranche avec le passé. Pourquoi avoir choisi un style si différent ?

Le Richemond est un établissement chargé d’histoire et très proche des Genevois. Nous avions deux possibilités: simplement rafraîchir l’établissement ou faire totalement autre chose. Nous avons préféré réinterpréter le patrimoine du Richemond pour surprendre les gens.

Nous y sommes parvenus. Le reste est une affaire de goût personnel. Mais je suis très attaché à l’âme de cet hôtel. Nous la conserverons.

De quelle façon ?

En attachant une grande importance à l’atmosphère des lieux, toujours chaleureuse, ainsi qu’à l’attention sur-mesure offerte à notre clientèle. Certaines familles viennent au Richemond depuis plusieurs générations et apprécient son raffinement et la qualité du service.

Combien auront coûté les rénovations ?

Plus de 70 millions de francs. A cela s’ajoute le prix du rachat du Richemond par le groupe Rocco Forte, soit environ 100 millions de francs.

Ces travaux vont-ils entraîner une forte augmentation de vos tarifs ?

Il faut se rendre à l’évidence. Dans l’hôtellerie de luxe, la clientèle se situe dans le segment haut de gamme. Notre infrastructure – 134 chambres dont 26 suites - et nos services répondent aux besoins de cette clientèle. Nos prix seront donc adaptés en conséquence. Il ne faut pas oublier la concurrence, très forte.

A Genève, c’est donc un peu à celui qui fera la suite la plus grande et la plus luxueuse ? 

Je ne pense pas. Chaque établissement essaie de trouver le petit plus qui satisfait sa clientèle. Genève jouit d’une forte clientèle touristique du Moyen-Orient, friande des suites. Voilà pourquoi nous sommes attentifs à cette activité.

Faire partie d’un groupe comme Rocco Forte vous donne-t-il un avantage sur les hôtels indépendants ?

Rocco Forte possède près d’une quinzaine d’hôtels dans le monde. Appartenir à ce groupe nous permet de bénéficier d’un fort réseau de distribution et donc d’avoir une meilleure exposition auprès de la clientèle.

Davide Bertilaccio, le directeur du Richemond, se trouve dans le Bar, symbole du nouveau style du Richemond: coloré et éclectique.

Source : www.tdg.ch