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Bordeaux : renaissance d’un palace

Joyau architectural du XVIIIe siècle, palace renommé du XIXe et des Années folles, le Grand Hôtel de Bordeaux renaît au coeur de la ville. L'ouverture se fait un peu attendre, mais la rénovation promet d'être éblouissante.

W erner Knechtli joue contre la montre. Le directeur du futur Grand Hôtel de Bordeaux ne ménage pas ses efforts pour tenir le cap qui lui a été fixé : assurer l'ouverture de l'établissement au plus tôt en 2007. Lorsque Le Point l'a rencontré, récemment, l'incertitude était encore de mise. « Nous en sommes aux travaux de finition, le chantier avance bien, mais nous tablons désormais sur une ouverture fin août », expliquait le patron du futur Palace. De nationalité suisse, Werner Knechtli a dirigé quelques-uns des plus beaux palaces du monde, de Vienne à Koweït, Copenhague, Londres et Berlin. En juin 2006, il a débarqué à Bordeaux pour préparer la réouverture du Grand Hôtel. Il avoue avoir été séduit par la ville et enthousiasmé par le challenge. « C'est autre chose que de construire un hôtel moderne sur un terrain nu. Ici, le chantier était particulièrement complexe. Il s'agissait d'aménager 23 000 mètres carrés en réunissant sept bâtiments mitoyens. Un challenge technique qui se doublait d'une dimension historique forte. »

Situé face au Grand Théâtre, le superbe immeuble qui abritera le nouveau Grand Hôtel de Bordeaux constitue en effet une partie de l'aménagement de la place de la Comédie réalisé au XVIIIe siècle par l'architecte Victor Louis. L'ensemble présente une façade de même longueur que celle du Grand Théâtre. Il fut bâti en 1779 pour M. de Rolly et porta un moment son nom avant de devenir, au XIXe siècle, le palace le plus en vue de la région. En 1871, Victor Hugo y prononça son discours sur l'Europe et la paix.

Plusieurs fois repris, perdant peu à peu de son éclat, le Grand Hôtel de Bordeaux a fermé ses portes en 1990. Avant d'être racheté dix ans plus tard par l'homme d'affaires Michel Ohayon, bien décidé à faire renaître l'hôtel de grand luxe qui manquait à sa ville. « Le défi, c'est vraiment que Bordeaux renoue avec son histoire et retrouve son joyau d'antan », assure Knechtli. Toute la rénovation a été réalisée dans le strict respect de l'architecture originale. Les chambres, équipées des dernières technologies, ont été conçues dans un cadre XVIIIe et XIXe d'un luxe inouï, habillées par le célèbre décorateur Jacques Garcia. Le Grand Hôtel comptera 150 chambres, dont 17 suites. La plus luxueuse offrira 110 mètres carrés de surface, une terrasse donnant sur le Grand Théâtre, au dernier étage, et un Jacuzzi. Un écrin de rêve qui livrera ses charmes pour la coquette somme de 2 125 euros/nuit (325 euros/nuit pour les chambres de première catégorie). Au rez-de-chaussée, une galerie marchande accueillera vingt boutiques de luxe. Un restaurant gastronomique, L'Océan, dirigé par le chef Pascal Nibaudeau, une Brasserie de l'Europe ambiance Années folles, un bar baptisé Victor, en hommage à Victor-Hugo, un night-club, 13 salles de séminaires et un ensemble spa, piscine, sauna, hammam compléteront l'offre.

Confié au groupe américano-scandinave Radisson SAS, dont il portera le label, le Grand Hôtel de Bordeaux sera un des rares établissements de la région bénéficiant du classement quatre étoiles luxe. Des fastes du hall d'entrée aux cinq marbres des salles de bains, en passant par la décoration des chambres et la qualité d'un service que l'on veut digne des plus grands établissements, le Grand Hôtel promet l'exception à une clientèle qui reste à conquérir. « L'organisation de séminaires constitue notre coeur de cible », précise Knechtli. Des partenariats ont en outre été noués avec la mairie et l'office du tourisme pour une offre de courts séjours mariant hébergement de luxe et sortie culturelle ou découverte des vignobles. Depuis la fin de 2006, une trentaine de commerciaux sont à pied d'oeuvre pour assurer la promotion de ce superbe palace. L'équipe bénéficie de la force de frappe du groupe Rezidor Hotel Groupe, qui compte 279 hôtels dans 47 pays.

De la directrice marketing au portier en passant par le voiturier, la gouvernante ou le réceptionniste, pas moins de 140 personnes seront nécessaires au bon fonctionnement du joyau. Le jour J et les suivants, tous auront la même consigne : tendre vers la perfection...

Source : www.lepoint.fr